Valérie Gignac rêvait
d'être policière depuis qu'elle était toute petite.
La jeune femme originaire de L'Ancienne-Lorette, en banlieue de
Québec,
a marqué par sa passion et son enthousiasme tant ses professeurs que ses
collègues
au fil des années.
Cadette d'une famille de 6
enfants, Valérie Gignac était de ces personnes
qui ont vraiment tout pour elles. «Elle était grande, élégante,
sympathique,
disciplinée et intelligente», raconte, encore bouleversé, François
Vézina,
cousin de Denise, la mère de Valérie.
Adolescente, elle était
déjà déterminée à devenir policière et dans cette optique,
elle souhaitait améliorer son anglais. «Elle était encore au secondaire
lorsqu'elle
m'a approchée pour un stage», indique Karen MacDonald,
copropriétaire du
Quebec Chronicle Telegraph et conjointe de M. Vézina. «Valérie a
passé l'été
au complet à nous aider. C'était une jeune femme charmante et
adorable qui venait
d'une famille archi-serviable et aidante. Du vrai bon monde», raconte Mme
MacDonald.
Peu de temps après,
Valérie a fait son entrée en techniques policières au cégep
François-Xavier-Garneau de Québec, où elle a complété le
programme de trois ans en 2000-2001.
«Elle avait une volonté
d'apprendre davantage et une attitude très positive face
à la critique. Si on avait une classe remplie de ce genre
d'étudiantes,
ce serait le bonheur», se rappelle Michel Pontbriand, directeur du
programme,
qui lui a enseigné le droit à l'époque. «Valérie était une
excellente étudiante,
presque modèle», ajoute-t-il.
Ses résultats scolaires
impressionnants lui ont valu d'être engagée dans la police
de Lévis à l'été 2001, dans le programme de vélo patrouille visant à
intégrer
des étudiants en techniques policières.
«Elle était classée A + en
raison de sa maturité et se son expérience de vie.
Elle savait s'y prendre avec les jeunes ; je savais que je pouvais
lui confier le
nouveau parc de skateboard de Saint-Étienne», raconte Alain Joly,
porte-parole de la police de Lévis.
Après sa formation
collégiale, Valérie Gignac a complété son stage pratique
de 15 semaines au Collège de Nicolet. Hier, les aspirants policiers
portaient
tous le ruban noir en signe de soutien.
C'est à la police de
Laval, où elle travaillait depuis 4 ans, que Valérie a
rencontré son conjoint, Sébastien Boulé. Le couple venait d'acheter une
maison à Terrebonne et d'y emménager.
Avec à peine 4 ans de
service à la police de Laval, Valérie Gignac avait
réussi à y faire sa marque. Elle y était déléguée syndicale et
s'impliquait à fond.
Au moment de sa mort, elle
coordonnait la fabrication d'une mosaïque destinée
à un confrère malade et hospitalisé. Valérie souhaitait la remplir
de petits mots
écrits par les policiers de son équipe.
La jeune carrière de la policière s'est
terminée de façon tragique.
Elle a été tuée par des tirs de carabine alors qu'elle répondait à
un
appel à Laval des Rapides, le 14 décembre 2005.
Texte
Le Journal de Montréal
16/12/2005
